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Accueil > Infolettre > Musique n°4 - Février 2011 > La CAMPA (Coordination des Associations Musicales et de Pratiques Amateurs)

La CAMPA (Coordination des Associations Musicales et de Pratiques Amateurs)

JOURNEE THEMATIQUE SUR LA COMPOSITION POUR BATTERIE-FANFARE

Le 4 décembre 2010 s’est déroulée à la Maison des Pratiques Artistiques en Amateur une Journée thématique sur la composition pour batterie-fanfare, organisée par la CAMPA. A cette occasion, Hervé Brisse, tuba solo de l’Orchestre National de Lille, producteur à France Musique et chef d’orchestre, est intervenu sur le thème « La communication : image et perception des ensembles de Batteries-Fanfares ».

« Transmettre et recevoir », « promouvoir son image auprès du public », l’informer sur les manifestations et le « concept artistique que l’on souhaite développer sous forme de projets et d’objectifs » : tels sont les termes employés par H.Brisse pour définir la communication et son impact sur l’image des batteries-fanfares aujourd’hui.

Avec l’utilisation massive des nouvelles technologies, l’accès immédiat et généralisé du grand public aux offres culturelles – notamment professionnelles- se traduit par des exigences plus fortes et des attentes bien spécifiques, auxquelles les médias s’empressent de répondre.

Les batteries-fanfares, vite cataloguées dans les musiques populaires et militaires, évoquent des pratiques cérémoniales qui ne sont plus vraiment au goût du jour de nos sociétés occidentales ; elles peinent à sortir de ce carcan caricatural dans lequel la presse régionale et locale s’acharne à les enfermer. Associées aux fêtes locales et à leur auditoire d’ « habitués », les formations classiques sont délaissées au profit de musiques « professionnelles » et d’une offre culturelle « fabriquée » par les médias : « La société contemporaine est très mobile, exigeante, souvent exclusive et versatile », remarque H.Brisse.

La BF n’est pourtant plus cantonnée à un univers exclusivement militaire. Depuis une cinquantaine d’années, elle s’est ouverte sur le domaine « civil », en proposant de nouveaux répertoires et des créations originales, mais peine à renouveler et étendre son auditoire. Peu sensibilisées aux stratégies de communication et à leur impact sur leur image et la reconnaissance de leur musique, les BF risquent non seulement de ne pas trouver leur place dans le paysage des musiques actuelles, mais encore de perdre davantage de crédibilité et d’intérêt, surtout auprès du jeune public.

Alors, comment inverser la tendance ? En Inventant de nouvelles stratégies d’approche.

Chercher de nouveaux publics et explorer d’autres répertoires
Les BF ont l’avantage d’être mobiles ; elles doivent donc aller à la rencontre du public, comprendre ses attentes, s’adapter à ses intérêts et répondre à ses exigences.

Comment ?

  • En affirmant clairement leur propre identité, à travers le choix du répertoire, des prestations de qualité, la recherche de nouveaux concepts et le rapprochement avec d’autres formes d’expressions musicales et/ou artistiques (un « melting-pot artistique » dont le public est très friand).
  • En élaborant des projets en fonction de « critères type » pour l’obtention de subventions : « aménagement » culturel du territoire, évolution de la société, (…)image et valorisation d’une région, métissages (…),retombées médiatiques. Ils seront mieux acceptés s’ils aboutissent à une démarche structurante, collective, de mutualisation des moyens… et accompagnés d’objectifs concrets et « mesurables » à moyen terme, et long terme. »

Soigner la communication :
La presse se focalise sur des informations rapides, des faits et images marquants. Une communication efficace ne dépend pas de moyens, mais avant tout d’inventivité, dont il faut rivaliser pour réussir à émerger parmi un flot d’informations : une image décalée, un titre recherché et original, un site Internet régulièrement actualisé, un communiqué de presse efficace (qui reprend vos coordonnées, logos, visuels…) vous aideront à « sortir du lot ».

Il faut noter qu’informations et actions doivent être cohérentes, dans le respect de l’identité que l’on affirme. Il ne faut donc pas accepter n’importe quelle prestation !

Attention, la communication relève aussi de l’image que l’on donne sur le « terrain » : la bonne tenue des groupes, y compris hors des lieux de représentation, est capitale vis-à-vis du public. Par ailleurs, la question de la gratuité ou non des spectacles est importante, car le public peut considérer qu’un concert gratuit est synonyme de mauvaise qualité.

Pour résumer, la crédibilité des BF aujourd’hui passe par quelques démarches essentielles : « l’obligation d’innover, de créer l’événement, de devoir surprendre, oser s’éloigner des traditions ».

Comme le conclue Hervé Brisse, les temps sont durs, les menaces pèsent sur la culture, l’individualisme s’accentue ; mais « l’homme a besoin de retrouver ses racines et de partager des émotions en groupe ». « Si l’on est convaincu de ses projets, si l’on a l’envie de travailler en bonne intelligence, on peut aboutir à de belles perspectives d’avenir où les Batteries-Fanfares y ont toutes leur place. »

Daphné TURPIN.

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