Le judo : une "Ecole de vie"
La réunion annuelle de la commission Judo, Arts Martiaux et Disciplines Associées (JAMDA) s’est déroulée en janvier au siège parisien de la FSCF. L’occasion de faire un bilan sur l’évolution de ces activités au sein de la Fédération et de présenter les projets pour les développer. Le président de la commission, Jean Trocherie, s’est confié aux « Jeunes »... Lire la suite
Comment la commission JAMDA choisit-elle ses activités ?
Ce n’est pas nous qui choisissons les activités, ce sont elles qui viennent nous solliciter. Après, on trie. Il y a 147 disciplines associées aux arts martiaux alors forcément on ne peut pas prendre n’importe quelle discipline sous prétexte qu’elle a un mouvement de plus par rapport à une autre. Lors de la sélection, je pars avec un à priori favorable mais ça ne veut pas dire que je prends tout le monde.
Comment se déroule cette sélection ?
On demande une démonstration de la discipline en question et puis on questionne l’organisateur sur ses motivations, sur le contenu pédagogique et sur ce qu’il attend de la FSCF.
Qu’est-ce que vous apportez aux clubs qui s’affilient à la FSCF ?
La formation des cadres, des locaux pour s’entraîner, l’organisation de tournois ou encore la promotion de l’activité… Entre autre ! Après, c’est vrai qu’on laisse aux clubs une certaine autonomie, on ne les surveille pas constamment. Si un club est bidon, il s’éliminera de lui-même.
Quel bilan tirez-vous de l’action de Jamda de ces dernières années ?
Un bilan mitigé. La commission a permis de mettre en place des structures, de développer nos sports et de faire connaître de nouvelles disciplines d’art martial comme le Kenpo-Kaï, le Nin-Jutsu ou le Yoseikan-Budo par exemple. Par contre, le relais au niveau des régions et au niveau départemental se fait mal. Il y a un peu trop de laisser-aller et la situation stagne !
Que pourrait-on faire, en judo par exemple, pour développer la discipline en province ?
J’ai lancé l’idée du tournoi enfant des « 12 samouraïs ». Une sorte de grand championnat avec chaque mois, un club qui en reçoit un autre. Le club qui remporte le plus de victoires au terme de six combats est déclaré vainqueur. A la fin de l’année, on organise une grande rencontre avec tous les participants. Ça permet la pratique du judo, l’organisation d’un tournoi et l’apprentissage de l’arbitrage puisque les gamins se jugent entre eux.
En tant qu’ancien compétiteur de judo, pour quels jeunes conseilleriez-vous la pratique de ce sport ?
Le judo est une extraordinaire « Ecole de la vie ». Il permet d’acquérir toutes les qualités indispensables à une vie en société comme le respect, le courage, le sérieux, le besoin de se surpasser et la persévérance. Sans compter les qualités morales qui permettent de pouvoir se regarder dans une glace (l’humanisme, la tolérance, la loyauté et l’honnêteté). Dans le milieu médical, on conseille sa pratique pour les enfants trop ramollos ou, à l’inverse, pour les gosses trop énervés.
Pensez-vous que les Arts Martiaux sont les meilleurs outils pour l’enseignement du respect d’autrui ?
Non, mais c’est un des meilleurs moyens pour y parvenir. Le respect est induit dans la pratique des Arts Martiaux ne serait-ce que par le salut du partenaire avant de commencer un combat et à la fin de ce travail pour le remercier de sa participation.
Avec l’émergence de toutes ces disciplines en art martial, lesquelles ont particulièrement la côte auprès des jeunes ?
Tous les sports de combat de rue comme la boxe-thaï ou le taekwondo… Mais attention ! Je déconseille leur pratique pour les ados de moins de 14 ans. Il y a un véritable danger car à cet âge les enfants ne savent pas canaliser leur énergie. Le contrôle de soi, c’est aussi l’une des missions de nos clubs.
