
Championne olympique à PyeongChang en 2018, Perrine Laffont a de nouveau brillé lors des Jeux olympiques d'hiver de 2026, en décrochant une nouvelle médaille à Milan-Cortina. Une performance qui confirme sa régularité au plus haut niveau.
Cette distinction vient récompenser un cycle olympique exigeant et sa capacité à se réinventer face à une concurrence toujours plus relevée.
Quelques mois avant ces Jeux et ce nouveau podium, nous avons rencontré Perrine Laffont pour lui poser trois questions sur son parcours, ses engagements et sa vision du sport. Découvrez son interview. Crédit photo : PERRINE-LAFFONT.EU
// Pouvez-vous évoquer votre parcours ?
Je suis née et j’ai grandi à Lavelanet, au cœur des Pyrénées, dans une famille passionnée de montagne et de ski. Très jeune, j’ai chaussé mes premiers skis dans la station des Monts d’Olmes, ma station d’origine, et j’ai rapidement développé une véritable passion pour le ski de bosses. C’est un sport exigeant, à la fois technique, physique et mental, qui m’a appris la rigueur, la persévérance et la gestion de la pression dès mon plus jeune âge. Ma carrière a véritablement décollé à quinze ans lorsque j’ai participé à mes premiers Jeux olympiques, à Sotchi, en 2014. Depuis, j’ai eu la chance de remporter de nombreux titres dont une médaille d’or olympique, à Pyeongchang, en 2018 ; neuf globes de cristal (Coupes du monde, N.D.L.R.) et six titres de championne du monde. Mais, au-delà des résultats, ce qui m’anime avant tout, c’est le chemin parcouru, les rencontres et l’apprentissage constant que m’a permis le sport de haut niveau. J’ai grandi avec ce sport. Il m’a construite. Il m’a permis de me dépasser mais aussi de comprendre l’importance de la transmission et du partage. Aujourd’hui, c’est cette dimension humaine qui m’inspire le plus dans ma carrière.
// Au-delà de vos performances, vous êtes aussi engagée en faveur de la jeunesse, de l’inclusion et de la place des femmes dans le sport. Quelles actions ou projets aimeriez-vous développer pour transmettre ces valeurs ?
Depuis six ans, j’organise, chaque hiver, le Perrine Laffont Winter Camp aux Monts d’Olmes, un événement qui me tient particulièrement à cœur. C’est un moment de partage avec les jeunes de ma région mais aussi un projet éducatif. L’objectif est de faire découvrir le ski de bosses et, plus largement, de promouvoir le sport comme vecteur d’épanouissement, de confiance et de respect. Au-delà de l’aspect sportif, j’ai souhaité donner à cet événement une dimension responsable et inclusive. Grâce au soutien de mon partenaire, EDF, nous organisons, chaque année, des ateliers handisport pour permettre à tous les jeunes, quelle que soit leur situation, de vivre cette expérience. Nous collaborons également avec des associations locales engagées en faveur de la protection de l’environnement. Elles animent des ateliers de sensibilisation consacrés à la nature, au recyclage et au changement climatique. Il est essentiel, pour moi, de transmettre aux jeunes non seulement la passion du sport mais aussi le respect de l’environnement et des autres. Enfin, j’accorde une importance particulière à la place des femmes dans le sport. Aujourd’hui, j’ai à cœur d’être un exemple pour les jeunes filles, de leur montrer qu’elles peuvent s’affirmer, performer et réussir tout en restant elles-mêmes. À travers mes engagements, mes prises de parole et mes projets, j’essaie d’encourager les femmes à s’émanciper, à oser et à croire en leurs ambitions dans le sport de haut niveau comme ailleurs.
// La FSCF défend depuis toujours les valeurs d’éducation, d’inclusion et d’ouverture à travers le sport et la culture. En tant qu’athlète engagée, en quoi ces valeurs résonnent-elles au regard de votre parcours et de votre manière de concevoir le rôle du sport dans la société ?
Pour moi, le sport est bien plus qu’une performance ou un palmarès : c’est un formidable outil d’éducation, de cohésion et d’ouverture. C’est par le sport que j’ai appris la discipline, la solidarité, l’humilité et le respect. C’est aussi grâce au sport que j’ai rencontré des personnes d’horizons très différents et que j’ai pris conscience de la richesse de cette diversité. Aujourd’hui, je considère qu’en tant qu’athlète, j’ai une responsabilité : celle d’utiliser ma voix et mon expérience pour inspirer, sensibiliser et transmettre. J’aimerais que mon parcours serve à encourager les jeunes à se réaliser, à croire en eux et à comprendre que l’effort, la passion et la persévérance sont des leviers incroyables pour construire leur avenir.
Retrouvez l’intégralité de cette interview dans le magazine Les Jeunes n°2599.


